La vie dans un autre espace-temps
Quelques impressions de ma vie en tant que parent + un mini bilan de l'année 2025
Bonjour,
Comme ça fait quelques mois que je n’ai pas pris le temps d’écrire par ici, je me sens un peu rouillée, sans trop savoir comment, ou par quoi commencer - ça s’oublie, écrire, quand l’habitude n’est plus aussi présente ? (la fin de cette newsletter nous le dira j’imagine)
Peut-être pourrais-je commencer par quelque chose comme : Bonne année 2026 ! Je vous souhaite de trouver de la lumière et de la joie, du temps pour faire des choses qui vous font du bien et un corps (et un esprit) en bonne santé pour vous porter à travers cette nouvelle année. Je trouve le monde particulièrement sombre et anxiogène en ce moment et avoir un enfant me rend, je crois, encore plus anxieuse, je crains le monde dans lequel il va grandir et j’ai peur de ce qui l’attend… Je n’ai pas grand chose à ajouter là-dessus, me contentant de porter mon attention ailleurs quand l’angoisse est trop forte, faute d’avoir trouvé une meilleure stratégie. (Si vous en avez une, n’hésitez pas à la partager avec moi !)
Ces derniers mois m’ont semblé à la fois passer très lentement mais aussi très vite (mon fils a fêté ses 7 mois il y a peu… sept mois, vous vous rendez compte !?). Je crois qu’il y a une expression comme ça “the days are long, but the years are short”1 pour décrire la parentalité et je pense qu’elle décrit plutôt bien les choses.
Avoir le luxe d’être en congé parental me fait particulièrement ressentir ce mélange de langueur et de vitesse. Mon fils est à la crèche trois (petits) jours par semaine depuis deux mois et j’avais de très grandes ambitions pour ces 18h par semaine de liberté - je me disais que ce serait le moment de passer le permis de conduire, de refaire du sport, de retourner au cinéma et déjeuner avec des copines à Paris, de réorganiser des placards, des dossiers d’ordinateur, de faire du tri, etc.
En réalité, le temps de faire une lessive ou deux, de ranger un peu, de lire peut-être quelques pages et d’organiser ma journée, hop, l’enfant est déjà revenu à la maison. Je ne suis pas retournée au cinéma depuis cet été et souvent mes copines ne sont pas forcément disponibles pour déjeuner quand la crèche me donne cette liberté là. En découle un sentiment diffus de décalage avec le monde.
Ce n’est pas forcément un sentiment négatif, mais c’est un sentiment un peu solitaire tout de même. Et pour en revenir à mon rapport au temps, j’en ai à la fois beaucoup (car je ne travaille pas) et pas tant que ça, car évidemment, s’occuper d’un enfant (et de toute la logistique qui l’entoure) même si je ne suis pas seule2 ça prend du temps (j’espère que je ne vous apprends rien). Mon temps est très rythmé (les repas et siestes sont à peu près toujours aux mêmes moments) et très fragmenté - quand mon fils dort dans mes bras j’ai le temps de lire, mais je ne sais jamais s’il va dormir trente minutes ou deux heures (c’est généralement deux heures, mais certains matins sont différents) et quand il dort dans son lit pour une sieste, c’est rarement plus de trente minutes (auxquelles il faut soustraire le temps de le bercer pour l’endormir).
Bref, je ne sais pas exactement pourquoi je vous raconte tout ceci en détail, mais le fait est que j’ai à la fois trop de temps (parfois je m’ennuie tout de même) et pas assez de temps pour faire tout ce que j’imagine (mais je crois que j’ai toujours été un peu trop optimiste avec ce que je crois pouvoir faire de mon temps). Et s’il y a bien une chose que m’apprend la parentalité, je crois, c’est que tant pis, c’est pas grave.
Je compose avec ce que chaque jour me donne et j’essaie de ne pas oublier que c’est une chance de pouvoir être aussi présente au quotidien avec mon fils. L’autre jour, il a eu un peu de fièvre et il a beaucoup dormi dans mes bras (et ceux de son père) toute la journée. C’était un sacrifice que j’ai été heureuse de faire pour lui (et j’ai aussi pu tranquillement terminer mon roman par la même occasion).
En fait, je ne pensais pas pouvoir être aussi selfless3 un jour. Pas que je sois une personne très égoïste (je crois), mais avoir vécu tellement longtemps seule, puis en couple, mais en ayant toujours eu principalement mes propres intérêts et envies desquels me soucier, j’étais justement curieuse de découvrir à quel point avoir un enfant pouvait me faire changer sur ce point.
Ainsi je découvre que oui, je peux faire beaucoup pour le bien-être de mon fils. Ça paraît évident, peut-être, mais c’est une chose de l’intellectualiser (quand on réfléchit à son envie de devenir parent - ou pas) mais c’est autre chose de le vivre je trouve4.
Finalement, ces temps-ci, le temps parfois long me laisse beaucoup de temps pour observer - mon fils, son rapport au monde et le mien. Et vous savez quoi ? Je n’ai pas forcément hâte de retourner travailler (et pourtant, vous le savez, j’ai trouvé ma voie comme on dit, j’aime plutôt bien mon boulot).
D’abord (et surtout) parce que je me disais que le jour où je reprendrai mon quotidien au travail, eh bien je ne verrai plus beaucoup mon enfant. En finissant mes journées à 18h, il me restera à peine une heure pour le voir et profiter de lui avant qu’il aille se coucher. Quand j’étais enceinte, réfléchir à notre organisation entre nos boulots respectifs et la crèche (et la possibilité de ne pas avoir de place dans cette dernière) m’angoissait, mais je n’avais pas forcément pensé à ça exactement5. Donc il n’y a pas de juste milieu entre maintenant où je passe beaucoup de temps avec mon fils, et plus tard, quand je reprendrai le travail, où je passerai trop peu de temps avec lui. Soupir.
Je trouve ça fou, qu’on nous encourage au réarmement démographique (sic) tout en ne faisant vraiment pas grand chose pour qu’on élève bien nos enfants6. Encore une fois, c’était quelque chose dont j’avais bien conscience déjà avant d’avoir un enfant, mais le vivre c’est d’autant plus intense.
On dit parfois qu’on devient une autre personne en ayant un enfant et moi j’ai souvent pensé que c’était une manière d’effacer son identité derrière celle de la maman qu’on devenait (bizarrement ça ne se dit pas vraiment des pères…), mais je crois qu’il y a malgré tout une part de vérité dans cette affirmation. Oui on change, on ne devient pas vraiment autre, mais le monde et notre vision de ce dernier est redéfini par l’arrivée d’un enfant et on se découvre de nouvelles facettes, de nouveaux sentiments… Et surtout, on a beau essayer de l’imaginer avant, ce nouveau soi, cette nouvelle vie, la réalité sera forcément un peu différente.
Ça désarçonne, ça demande une grande capacité d’adaptation, de lâcher le contrôle (et dieu sait que c’est difficile pour moi) mais ça surprend aussi de manière positive, on découvre qu’on est capable de bien plus de choses qu’on ne le croit et on apprend tous les jours, ou presque.
En somme, je le redis, quelle aventure ! Et ça n’est que le tout début…
Est-ce qu’on fait un bilan de 2025 ?
Tous les ans c’est la même chose : les rétrospectives et bilans en tous genres fleurissent de plus en plus tôt au mois de décembre, suivis de près par les intentions ou autre résolutions du mois de janvier et moi au milieu de tout ça je suis prise d’une immense flemme.
J’ai bien pensé faire le bilan de mes lectures favorites de l’année par exemple, mais le temps que j’y réfléchisse, tout le monde est passé à autre chose (en ce moment, par exemple, il s’agit de revenir sur l’année 2016 et la décennie passée) - je vis décidément dans une temporalité bien à moi ! 🤭
Mais pour mes propres archives personnelles, j’aime bien consigner quelques faits et anecdotes marquantes de l’année passée alors je me plie quelque peu à l’exercice tout de même.



Évidemment, il y a eu un avant/après 13 juin, jour où j’ai donné naissance à mon fils. Les six mois qui ont précédé cette date m’ont laissé un souvenir relativement tranquille - ma grossesse s’est bien passée, j’étais un peu plus fatiguée à la toute fin (la chaleur n’aidant pas exactement au repos) et forcément un peu stressée parfois, mais j’ai globalement vécu ma vie comme d’habitude.
Je suis allée au cinéma (21 films vus sur grand écran avant de résilier mon abonnement illimité) et parmi mes favoris il y a eu Materialists, We live in Time, Partir un jour et Conclave mais j’ai aussi vu plus de films à la maison cette année dont pas mal de vieilles comédies musicales que je n’avais jamais vues - j’ai par exemple adoré Entrons dans la Danse (j’ai vu très peu de films avec Fred Astaire, I’m more of a Gene Kelly girl, mais quel bonheur de le voir danser !) et Victor/Victoria que j’ai trouvé très moderne pour son époque.
On a aussi regardé quelques séries, mais je vous en avais déjà parlé par ici - j’ai adoré terminer Succession et l’adaptation de l’Amie Prodigieuse, découvrir Severance mais aussi Daisy Jones and the Six (juste après avoir terminé le roman) et Long Story Short (par les créateurs de Bojack Horseman, mais beaucoup moins sombre que cette dernière et assez réaliste dans sa façon de parler des relations familiales).
J’ai encore beaucoup lu cette année : un total de 71 livres, dont une vingtaine d’ouvrages sur la grossesse, l’accouchement ou la parentalité, dix-huit romans, deux recueils de nouvelles, vingt-huit BD (dont deux mangas) et une poignée d’autres essais. Je ne sais pas si j’atteindrai mon objectif lecture de cette année (60 livres) mais c’est déjà une bonne nouvelle que je prenne et trouve le temps de lire, malgré le fait d’avoir un bébé de sept mois je veux dire.



Pas de grands voyages en 2025, j’aurais bien voulu revoir l’Angleterre avant d’accoucher, mais préparer l’arrivée d’un enfant (et acheter un appartement aussi, accessoirement) était suffisamment coûteux comme ça alors je me suis contentée de quelques escapades en France. Un week-end très tranquille avec ma sœur à Aix-en-Provence qu’on a adoré, une nuit dans une tiny house au milieu de la forêt (avec bain nordique et petit déjeuner délicieux) et nos premières vacances à trois en Bretagne, toujours au même endroit.
On a aussi fait le tour des châteaux autour de chez nous l’été et l’automne dernier, certains qu’on connaissait déjà, d’autres qu’on a découverts et j’ai notamment eu un vrai coup de cœur pour le parc du château de Courances.



Si je n’ai pas beaucoup joué à des jeux vidéo cette année (je crois que j’ai joue un peu à Princesse Peach: Showtime ! en début d’année et c’est tout…) j’ai remis une passion, quelque peu oubliée dernièrement, au goût du jour et il s’agit du… Postcrossing ! J’ai repris quelques envois depuis le mois d’octobre dernier et depuis, je profite d’une matinée où mon fils est à la crèche chaque semaine, ou presque, pour écrire quatre ou cinq cartes qui partiront aux quatre coins du monde. Si vous ne savez pas ce qu’est le Postcrossing, je vous invite à consulter la publication ci-dessous !
Et cette fois, je décore mes cartes avec beaucoup plus de soin qu’avant, un peu en style scrapbooking, en faisant des collages et faisant bon usage de ma collection de masking tape et de stickers. Ces matinées passées à créer et écrire quelques pensées à des inconnu‧es, tout en écoutant mes vieux albums de rock favoris (je réécoute en ce moment tout ce que j’écoute depuis que je suis ado, de MUSE en passant par My Chemical Romance jusqu’à Panic! at the disco) me font beaucoup de bien je crois.
Voilà un aperçu de 2025 - une année où il semblerait qu’on ait coché quelques cases de la vie d’adulte, en ayant un enfant et faisant notre premier achat immobilier… avec une forme d’incrédulité tout de même parce que clairement, dans ma tête, je ne suis pas vraiment la daronne que je suis devenue dans les faits !
J’ai quelques envies pour cette année à venir, mais comme chaque année, ce n’est pas une liste de résolutions ou de choses à faire absolument :
Aménager notre nouvel appartement pour de vrai - normalement, au printemps, nous devrions rejoindre notre nouveau nid, et j’aimerais vraiment prendre le temps de faire quelques aménagements que je me suis toujours (sans doute un peu bêtement) interdite pendant toutes mes années de location. Peindre les murs, mettre un joli papier peint quelque part, accrocher nos cadres, chiner un peu de mobilier et d’objets de décoration (et de vaisselle), créer une jolie chambre pour notre fils…
Reprendre l’habitude de faire un peu de sport. J’ai déjà repris un abonnement Team Body Project, et si c’est moins évident de caler des séances dans un quotidien avec un bébé, j’essaie de m’y remettre. Après, faire rigoler mon fils de 8kg en le faisant sauter à bout de bras, c’est déjà une forme de musculation, non ?
Parfois j’ai envie de revenir à des choses un peu plus analog - laisser de côté les écrans, reprendre des carnets pour noter des choses, lire au lieu de scroller… C’est une envie qui se heurte à la simplicité et la rapidité de consigner plein de choses sur des applications, et dieu sait que je manque de temps (déjà en temps normal, mais alors avec un enfant + quand je reprendrai le travail…) donc je doute un peu à réussir à mettre en place ça en réalité, mais on verra, j’y réfléchis en tout cas.
Imprimer des albums photo et plus globalement, mieux gérer ma photothèque… Gros défi, gros chantier, mais bon, ça serait chouette de ne pas laisser dormir toutes mes photos dans mon cloud pour toujours !
Plus que jamais, je prends les choses au jour le jour - avec un enfant qui grandit et change un peu tous les jours, le quotidien peut parfois être plein de surprises alors voyons comment cette expérience (la parentalité) se poursuit, et le reste pourra bien attendre.
C’est là dessus que je vous quitte pour cette fois en espérant peut-être vous écrire plus souvent dans les temps qui viennent (mais là encore, je ne promets rien, d’autant qu’à ne parler que de parentalité, peut-être que ça n’intéressera plus personne ce que j’écris, mais en même temps… that’s my life now) et en vous souhaitant un très bon dimanche.
À bientôt 🫶🏻
Qu’on traduirait donc par quelque chose comme : les journées sont longues, mais les années passent vite.
Mais j’en fais davantage, je crois, ne serait-ce qu’en termes de charge mentale, que mon compagnon qui travaille (beaucoup) - une réalité qui me paraît à la fois logique (je fais une pause dans ma vie professionnelle) et parfois pesante (je n’aime qu’à moitié la vie de femme au foyer).
On le traduit par désintéressé ou altruiste, mais je sais pas, je ne trouve pas que ça dit autant que le terme en anglais.
Attention, ça ne veut pas dire que je donne tout sans broncher, parfois j’en ai marre de chanter les mêmes comptines ou de balader un enfant qui ne sait pas encore nous exprimer en détail ce qui le chagrine parfois. Je m’émerveille simplement de la grande patience que je peux avoir, moi qui pensais que j’en aurais… beaucoup moins. (et encore une fois : je perds patience parfois, je m’en veux toujours beaucoup après d’ailleurs, mais il faudrait que j’intègre que c’est normal après tout)
Julia Kerninon en a parlé récemment dans un podcast que j’ai écouté, pas exactement dans ces termes, mais en parlant de son statut d’autrice, qui travaille à la maison, elle a (au début de sa parentalité) été dévolue davantage aux tâches domestiques et parentales car “étant à la maison” ce qui n’était pas le plan initial, mais bref, elle concède toutefois que ces conditions de travail étaient idéales pour pallier aux urgences d’enfant malade ou de grève des enseignants et donc tout ça pour dire que c’est bien la seule chose qui me fait envie dans le statut de freelance (en gros) : pouvoir être là si besoin, ne pas être contrainte par des horaires et un employeur.
Et si vous voulez tout savoir, à l’heure où je vous écris, la CAF m’a laissé en vu depuis deux mois dans mes démarches pour bénéficier de la maigre compensation de congé parental à laquelle j’ai droit…





Ben voilà je me suis inscrite au postcrossing ! Dans mon adolescence j'avais jusqu'à 50 correspondantes, ça va me faire de nouveau plaisir d'ouvrir ma boîte à lettres !!
Bonheur de lire tout ça !!!!!